Michel Thévenin, candidat au doctorat, Université Laval

La guerre de siège était, aux XVIIe et XVIIIe siècles, considérée comme la partie « scientifique » de l’art militaire, mobilisant le savoir-faire technique et scientifique d’acteurs particuliers, les ingénieurs militaires. S’ils étaient moins nombreux qu’en Europe, les ingénieurs présents au sein des forces françaises en Nouvelle-France ont tout de même eu un rôle important lors des sièges menés en Amérique lors de la guerre de Sept Ans. Certains de ces ingénieurs ont laissé des témoignages écrits de leurs actions lors de ces sièges. Il existe ainsi un journal du siège du Fort William Henry de l’été 1757 de la main de l’ingénieur Jean-Nicolas Desandrouins, chargé de la réalisation de ce siège. De cet événement majeur du coneit en Amérique du Nord, on retient principalement le massacre d’une partie de la garnison britannique par les Autochtones alliés aux Français. Pourtant, les événements précédant le massacre donnent à voir l’une des plus considérables opérations militaires menées jusque-là en Nouvelle-France.

Je propose dans cette communication de revenir sur le siège de ce fort en analysant le journal de l’ingénieur Desandrouins, et d’ainsi revisiter cet événement par le regard d’un de ses acteurs privilégiés.