Alain Roy, Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal

Le texte de Guy Frégault, « Historiens et antiquaires », paru en 1952, se veut une déclaration de distanciation entre une recherche historique actualisée et une approche « passéiste ». Écrit au moment de la naissance de la discipline historique comme profession, le champ académique se construit par opposition à une pratique « amateure ». Aujourd’hui, alors que l’on reconnaît l’apport citoyen dans divers domaines scientifiques, nous proposons de revoir l’articulation entre ces diverses contributions au savoir historique. De fait, la pratique citoyenne de l’histoire est significative, comme en témoigne le nombre d’associations, la quantité de publications ou encore le nombre de citoyens la pratiquant au moins quelques fois par année (14% en 2009). Au cours de la présentation, nous ferons état de recherches préliminaires sur les différentes phases de production citoyenne qui se superposent à travers le temps. Si des formes plus anciennes subsistent, d’autres modes surgissent, reflet des transformations à la fois de la société et de la pratique historienne. Au cours de cette évolution, on note, d’une part, la volonté persistante de dire vrai et d’utiliser des méthodologies éprouvées et, d’autre part, le reflet dans ces pratiques des grands courants idéologiques qui traversent la société.